Avril 2018 – Shadows de Cassavetes + Concert de jazz

Shadows +  jazz

Le réalisateur

Avant de se lancer dans la réalisation, et de devenir une figure tutélaire du cinéma indépendant américain, John Cassavetes était plutôt habitué à fouler les planches. Sa formation est résolument théâtrale, et se ressent dans son amour acharné du jeu. C’est entouré de sa fine équipe – sa femme Gena Rowlands, Ben Gazzara ou encore Peter Falk pour ne citer qu’eux – que Cassavetes tournera la plupart de ses films. En 1958, il décide de passer derrière la caméra avec Shadows, son premier film et son premier grand succès à l’international. Le projet repose presque entièrement sur l’improvisation, et trouve son origine dans l’atelier de théâtre que Cassavetes avait créé à New-York en 1956. Dès ses débuts, il est en rupture total avec le système hollywoodien : il privilégie petit budget, équipe quasi amatrice, décors naturels, et un sens de la liberté auquel il n’a jamais renoncé, et qui a donné lieu à une œuvre multiple, puissante et désormais, mythique.

Le film

Shadows raconte la vie de deux frères et une sœur Afro-Américains dans le New-York bohème de la fin des années 1950. Ben et Hugh tentent de devenir musiciens de jazz, tandis que leur jeune sœur Leila est en pleine expérimentation des rapports amoureux. Un point commun cependant, au cœur du film : tous se heurtent d’une manière ou d’une autre, à la discrimination raciale.

L’effet d’instant glory est dû en premier lieu à l’improvisation. Cassavetes avait pour projet original de tourner uniquement en se reposant sur le jeu des acteur, tous non-professionnels, sans scénario écrit à l’avance. Et c’est là que le jazz fait son entrée : pour accompagner le New-York de la Beat Generation, il voulait une bande-son totalement improvisée. Qui de mieux que la figure incontournable du jazz de l’époque – et un militant antiraciste assumé – Charles Mingus, pour signer la bande originale ? Il accepte, accompagné de son saxophoniste Shafi Hadi, de composer sur le rythme frénétique des pulsations new-yorkaises capturées par Cassavetes. Une première version sort en 1958, mais déplait fortement au réalisateur, qui décide de tourner à nouveau certaines parties, et de faire un nouveau montage. Seule la seconde version est encore visible aujourd’hui, et nous propulse dans le cœur battant de la Beat Generation, mettant en scène in situ le jazz à la new-yorkaise à travers l’errance de ces trois frères et sœur.

Le groupe

Le groupe Giordano Carnevale Jazz Trio est basé à Paris et s’inspire du style des années 1930 à 1950. Son répertoire se compose de morceaux de Charlie Parker, Dizzy Gillepsie et Billie Holiday, ainsi que de compositions originales. C’est donc tout naturellement que nous serons emportés encore plus loin dans l’univers de Cassavetes, grâce à ces dignes héritiers de cette folle époque du jazz !

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