Film noir et féminité : Laura (1944)

Permanence Cinéma présente : Film noir et féminité

– Projection de Laura, d’Otto Preminger (1944) en 35mm
– suivie d’une discussion avec Jean-Loup Bourget et Françoise Zamour.

« I shall never forget the week-end Laura died… »

Ainsi débute Laura, premier chef d’œuvre d’Otto Preminger et l’un des films noirs les plus raffinés et mystérieux de l’âge d’or hollywoodien. Lorsque Laura est déclarée morte, l’inspecteur McPherson plonge dans la mémoire obsédante d’une femme, tiraillée entre deux hommes qui se la disputent : Waldo Lydecker, un critique d’art réputé, et Shelby Carpenter, son fiancé. Chronique d’une absence et d’une réapparition, Laura offre un de ses plus beaux rôles à Gene Tierney, qui parvient sans peine à prendre le pas sur un trio masculin particulièrement prestigieux : Dana Andrews, Vincent Price et Clifton Webb.

Le film sera projeté en copie 35mm, au plus proche de la manière dont les spectateurs de 1944 l’ont découvert.

Film noir et féminité : « Dames are always pulling a switch on you…

Inventé en 1946 par la critique française, repris ensuite par la critique américaine, le terme « film noir » renvoie autant à un genre narratif (des énigmes policières alambiquées), qu’a un style visuel marqué (des jeux d’ombres contrastés qui réactivent le style expressionniste). Mais c’est également une collection de personnages types, à commencer par le détective, bourru et ténébreux, souvent engagé dans une relation tumultueuse avec une femme fatale, calculatrice et/ou mentalement instable.

Certains critiques ont pu dire que le genre « noir » se définissait avant tout par la complexité des rapports de genre qu’il met en place, ainsi que par le renouvellement profond de leur représentation. Dans le film de Preminger, Laura entre sans cesse en collision avec l’ambition des hommes qui l’entourent, qui veulent l’enfermer dans une image qui s’accorde à leurs désirs. La féminité apparaît comme un ensemble de critères en suspension, avec lesquels Laura – mais aussi le personnage masculin de Waldo Lydecker – ne cessent de jouer.

Les intervenants

Pour discuter des rapports qu’entretiennent, à travers l’exemple de Laura, film noir et féminité, nous aurons le plaisir d’accueillir deux spécialistes du cinéma hollywoodien classique.

Jean-Loup BOURGET est l’auteur de divers ouvrages sur le « female gothic », de ses influences sur George Cukor à l’étude de l’adaptation cinématographique de Rebecca par Alfred Hitchcock (1940). Son ouvrage « Hollywood, la norme et la marge », publié en 1999, est une référence indispensable pour l’étude du cinéma hollywoodien dans sa globalité.

Françoise ZAMOUR, Directrice des Études de lettres à l’ENS, a écrit sur King Vidor, François Truffaut, ou encore le mélodrame contemporain, et a récemment dirigé un ouvrage collectif, « Jouer l’actrice », qui s’intéresse à la représentation de l’actrice au cinéma, d’un point de vue gender.

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Informations pratiques

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Date : Mardi 19 février – 20h

Lieu : Luminor Hotel-de-Ville – 20 rue du Temple 75004 Paris

Adhérents* : 6 euros
Adhérents tarif réduit* : 5 euros
Tarif normal : 9,5 euros
Tarif réduit : 7,5 euros

*L’adhésion peut être effectuée lors de la séance – prévoir un chéquier ou de la monnaie
Tarif normal : 20 euros pour l’année
Tarif réduit (étudiants, demandeurs d’emploi, intermittents du spectacle) : 10 euros pour l’année

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