Janvier 2018 – Finis Terrae (Epstein ft. Tao)

Finis Terrae
arrangé à la Batterie

 

Un défi technique rarement mené

Découvrir ce que peut le rythme de la batterie pour accompagner celui d’un grand film : voilà l’ambition de cette troisième séance de la saison et la première de 2018.

Dans la comédie, le rythme est roi, de même dans Finis Terrae, poème brut et saisissant tourné sur trois îles en Bretagne, où les percussions et le film feront un avec la construction impressionniste de l’espace et du temps du film de Jean Epstein.

Nous fêterons ainsi le succès de notre première performance à la batterie de janvier 2017 autour de La Nouvelle Babylone avec Zaza Desiderio.

Le film

Sur Bannec, un petit îlot au large d’Ouessant, un jeune pêcheur se blesse à la main après une bagarre. La plaie s’infecte et il faut le soigner en l’emmenant à Ouessant. Mais la mer est agitée

Avec un style qui annonce celui du néoréalisme italien, Epstein convoque des acteurs non professionnels, des habitants et pêcheurs de l’île d’Ouessant, pour mettre en scène un récit épuré et donner toute la place à la beauté primitive des paysages et des visages. Une grande poésie nait de la simplicité d’un langage pourtant très élaboré.

Comme l’écrit Deleuze : « Epstein n’a rien d’un auteur surréaliste, mais il pense qu’une des clés du cinéma, ça va être que le cinéma est capable de reproduire le travail du rêve – sous quelle forme ? avec les condensations, surimpressions, avec les ruptures de logique, avec les ruptures de plan, avec tous les procédés techniques du cinéma – qu’il va pouvoir être une merveilleuse expérimentation sur le travail du rêve. »

Aux origines du cinéma expérimental et documentaire

Tourné à Bannec, Bolazec, Ouessant, entièrement en décors naturels et avec le concours des habitants pour l’interprétation, Finis Terrae montre une page de l’histoire du cinéma, plutôt méconnue, qui jouit pourtant d’une intensité inédite.

Désigné comme cinéma de l’avant-garde « impressionniste », Finis Terrae se caractérise d’abord par opposition à l’expressionnisme, puisqu’il exalte la poésie de l’image (quand les procédés de l’expressionnisme sont plutôt l’emphase, l’artificialité des décors et des costumes, pour figurer le drame).

Ce cinéma qui ne parle pas encore propose une recherche continue de nouveaux langages, un cinéma où l’image est affinée à l’extrême. Le scénario n’y est pas forcément essentiel, c’est la recherche formelle inscrite dans un creuset réel qui forme le rêve qu’est le film. Voilà pourquoi nous avons choisi ce film splendide, entre le cinéma documentaire et le cinéma expérimental.

Car, dans Finis Terrae, Epstein fait de la captation du monde une matière première : l’œuvre n’est jamais orientée par un discours ou une connaissance abstraite ou supérieure. Comme l’écrit Epstein, penseur autant que praticien du cinématographe : « Ceci distingue le cinéma qu’à travers les corps, il enregistre les pensées ».

Voilà donc une œuvre rare qui raconte les Origines de l’histoire du cinéma. Son extrême richesse visuelle pourra ainsi faire plein écho au rythme des baguettes inspirées de Tao Ehrlich.

Tao Ehrlich

La fougue et le talent d’improvisateur de Tao ont été les premiers critères qui nous ont convaincu à lui proposer de relever un défi d’envergure : sonoriser Finis Terrae.
Pour comprendre la magie de son jeu, rendez-vous le 9 janvier prochain…

D’ici là, quelques extraits musicaux avec Tao, tirés de captations dans toutes les salles parisiennes où il est déjà passé (Maison de la Radio, New Morning (Officiel), La Petite Halle de la Villette, Le Baiser Salé, TSF JAZZ…) et festivals (comme celui de musique Festival Gnaoua et Musiques du Monde à Essaouira au Maroc).
Sans oublier La Jam à Tao, tous les jeudis qu’il mène dans la magnifique ancienne gare dans le nord de Paris – La gare :

              

La page de Tao : Tao Ehrlich

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