Kaurismäki meets Refugees of rap

Le Havre

Écrivain déçu reconverti en cireur de chaussures au Havre, Marcel Marx (André Wilms) partage sa vie entre sa compagne Arletty (Kati Outinen), son travail et le bistrot du coin. Un jour, il tombe sur un enfant africain qui vient d’échapper à une rafle de la police visant un groupe de migrants clandestins cachés dans un conteneur. Marcel Marx accueille l’enfant et met tout en œuvre pour l’aider à rejoindre sa mère en Angleterre. Mais l’enfant fait irruption dans sa vie au moment même où elle commence à prendre un tour dramatique…

Prenant pour décor les paysages urbains du Havre, deuxième plus grand port de France et premier port à conteneurs, le film nous fait redécouvrir cette ville maritime, entre solidarité ouvrière, précarité des habitants, et circulation de marchandises. S’y trouvent réinvestis aussi bien un idéal communiste, transparent dans le nom du personnage principal, qu’une filmographie populaire et hétéroclite, du cinéma muet (de Chaplin à Melville) au réalisme poétique français des années 1930. La critique assumée du monde moderne et du capitalisme y côtoie ainsi l’espoir et la joie de vivre. Poète enfermé dans la peau d’un cireur de chaussures, incarnation d’un lumpenprolétariat anachronique pour qui « l’argent circule au crépuscule », Marcel Marx fait le lien entre ces différents univers. En mettant au premier plan un cireur de chaussures au cœur d’or qui aide un enfant migrant à tout prix, Kaurismäki plonge le spectateur dans une fiction familiale et humaniste, où le bien l’emporte contre un mal qui n’est jamais si mauvais que ça.

Rêve politique qui pourrait se transformer en réalité si on y croyait, le Havre voudrait être un documentaire mais c’est bien un film de fiction. Évoluant loin de la catastrophe en cours, Le Havre nous parle d’un monde qui aurait réussi dans la voie de la solidarité et ne connaîtrait pas la violence structurelle du quotidien. Fable d’Aki Kaurismaki, « variation sur la couleur bleue », Le Havre est un film marqué par une sensibilité onirique et enfantine. Sorti en 2011, le film a reçu le Prix Louis-Delluc et le prix de la Critique au Festival de Cannes.

Le film sera présenté par GILLES CHARMANT, assistant réalisateur du Havre, et la projection suivie d’une discussion en sa présence.

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Refugees of Rap

C’est en 2007, à Yarmouk – un camp de réfugié palestinien au sud de la capitale Syrienne – que les deux frères, Yaser et Mohamed Jamous créent le groupe « Refugees of rap ». Passionnés de culture et de musique urbaines, leur travail s’inscrit à l’origine dans l’univers du hip-hop.

De 2007 à 2012 le groupe enchaîne les concerts et se produit en Syrie en Egypte et au Liban. Deux premiers albums voient le jour en 2010 et 2014, fruits de collaborations diverses (Tamer Nafar(DAM), Tarabband, Linda Bitar etc.)

Dans les paroles de leurs chansons, Yaser et Mohamed donnent un aperçu de la vie dans le camp de Yarmouk, dénoncent
le vécu de la population syro-palestinienne en proie à un climat de guerre. Ainsi inspirés de leur quotidien et du contexte politique en Syrie, les deux frères chantent leur révolte en tant que témoins des injustices et des violences vécues par leur peuple. Mais leur parole dérange, et les deux frères sont menacés et contraints à l’exil en 2013.

C’est en France que leur voix se fait désormais entendre. Les chansons de « Refugees of rap » sont teintées de messages de paix mais parlent aussi de sujets plus intimes comme l’exil.

Depuis leur arrivée en Europe jusqu’à ce jour, le groupe s’est produit dans plusieurs festivals, et a participé à plusieurs projets artistiques et associatifs (Quartiers d’été 2015 (Rennes), Roskilde Festival (Danemark 2017), IMA 2017 nuit de la poésie, Fête de l’HUMA 2016 2017, etc.)

Dans la continuité de leur projet, les deux frères proposent des ateliers musicaux auprès de jeunes ados. Ce sont des ateliers d’écriture autour de la notion de liberté d’expression, où circulent des messages de paix et de tolérance. Une démarche humaniste qui démocratise le rap et qui permet aux jeunes de tout milieu social de s’exprimer à travers la musique et les mots.

 

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Informations pratiques

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Date : Mardi 20 novembre – 20h

Lieu : Luminor Hotel-de-Ville – 20 rue du Temple 75004 Paris

Tarifs :
Adhérents* : 6 euros
Adhérents tarif réduit* : 5 euros
Tarif normal : 9,5 euros
Tarif réduit : 7,5 euros

 

*L’adhésion pourra être effectuée lors de la première séance – prévoir un chéquier ou de la monnaie
Tarif normal : 20 euros pour l’année
Tarif réduit (étudiants, demandeurs d’emploi, intermittents du spectacle) : 10 euros pour l’année

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