Les femmes et la fiction : une prise de pouvoir

Bande de filles

En 2014, sort Bande de filles, le troisième long métrage de Céline Sciamma, dans lequel elle investit la banlieue et plus particulièrement la Seine-Saint-Denis. Céline Sciamma n’a cessé, au fil de ses réalisations, de saisir des personnages se positionnant au bord de la norme. Elle dépeint ici le quotidien de Marieme : sa rencontre avec un groupe de trois jeunes femmes et la manière dont elle tente de s’affranchir des lois implicites et explicites d’un monde qui l’exclut.
Bande de filles reprend les codes du « film de banlieue » tout en les contournant. Détaché du strict naturalisme, il s’agit de suivre ces quatre jeunes femmes, entre réalité et onirisme, de transcrire l’énergie et la complicité qui les portent, tout en accompagnant la construction de leurs identités, en rébellion contre les assignations multiples qu’on voudrait leur imposer.

Rencontre

Céline Minard est une écrivaine contemporaine dont l’œuvre déjà dense, et récompensée par de nombreux prix, explore des espaces fictionnels aussi divers que les confessions testamentaires et érotiques d’une écrivaine (So long Luise, 2011), le récit de chevalerie mâtiné d’arts martiaux japonais (Bastard Battle, 2008), les grandes plaines du western américain (Faillir être flingué, 2013) ou encore l’expérience survivaliste actuelle (Le Grand Jeu, 2016).
Son dernier livre, Bacchantes, paru en janvier 2019, nous plonge dans le braquage trépidant d’un bunker, une cave surprotégée renfermant des grands crus d’une valeur inestimable. Cette aventure est menée par trois femmes dont l’assurance et la fantaisie ne cessent de défier les tentatives des autorités pour les en faire sortir. L’écriture y est tendue, nerveuse, incisive et pleine de malice.

Lors de la discussion, nous tâcherons de croiser les démarches de Céline Sciamma et de Céline Minard : nous parlerons de prises de pouvoir des femmes dans la fiction, de ses modalités, de ses buts ; de la question du désir, moteur de la création mais aussi au cœur de leurs deux œuvres, et de sa portée politique ; du rapport aux codes des genres cinématographiques et littéraires, enfin, de leur capacité à les employer pour mieux les subvertir.

La discussion aura lieu dans le salon, au premier étage du cinéma. Un buvette sera mise à votre disposition.

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Informations pratiques

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Date : Mardi 26 mars – 20h

Lieu : Luminor Hotel-de-Ville – 20 rue du Temple 75004 Paris

Adhérents* : 6 euros
Adhérents tarif réduit* : 5 euros
Tarif normal : 9,5 euros
Tarif réduit : 7,5 euros

*L’adhésion peut être effectuée lors de la séance – prévoir un chéquier ou de la monnaie
Tarif normal : 20 euros pour l’année
Tarif réduit (étudiants, demandeurs d’emploi, intermittents du spectacle) : 10 euros pour l’année

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